Le syndrome fémoro-patellaire - L'exercice c'est bien, on fait comment

Gérer le syndrome fémoro-patellaire

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📰 Aujourd’hui, les consensus sont clairs, pour le syndrome fémoro-patellaire, faire de l’exercice thérapeutique du genou et de la hanche, avec ou sans autre modalité supplémentaire (étirements, éducation, taping…) est l’approche recommandée pour les syndromes fémoro-patellaires.
1)Crossley, K. M., Middelkoop, M. van, Callaghan, M. J., Collins, N. J., Rathleff, M. S., & Barton, C. J. (2016). 2016 Patellofemoral pain consensus statement from the 4th International Patellofemoral Pain Research Retreat, Manchester. Part 2: recommended physical interventions (exercise, taping, bracing, foot orthoses and combined interventions). British Journal of Sports Medicine, 50(14), 844–852. https://doi.org/10.1136/bjsports-2016-096268

🤨 Et du coup en pratique ça donne quoi ? Comment choisir l’exercice, comment choisir la charge, la dose ? En attendant la publication d’une revue en réseau qui devraient nous éclairer 2)Winters, M., Holden, S., Vicenzino, B., Welton, N. J., Caldwell, D. M., Lura, C. B., Weir, A., & Rathleff, M. S. (2018). Which treatment is most effective for patients with patellofemoral pain? A protocol for a living systematic review including network meta-analysis. BMJ open, 8(11), e022920. il nous faut créer un cadre clinique dans lequel agir.

🧠 Pour cela, nous avons besoin de théories et d’hypothèses pour établir un modèle. On en a tous, et on ne peut pas choisir d’exercice si jamais on a pas une idée de comment les exercices sont censés agir. On croit que
Hanche + Genou > Genou
Hanche > Genou
Genou > 0

  • Table des matières
    • Les hypothèses cliniques
      • Une question d’angle ?
        • La confusion entre corrélation et causalité, une difficulté
      • Hypothèses alternatives
    • En pratique, qu’est-ce que cela donne ?
      • Donner un nouveau cadre théorique
        • Le questionnement socratique
        • L’entretien épistémique
        • De belles métaphores
      • Exercice graduel ou activité graduelle
      • Les facteurs utiles à cibler

Les hypothèses cliniques

Une question d'angle ?Une question d’angle ?

📐Une hypothèse courante pour expliquer la présence du syndrome fémoro-patellaire est que celui-ci serait dû à un excès de contrainte. Cet excès serait lié à l’ensemble des facteurs biomécaniques poussant la patella vers la subluxation latérale (genu valgum, grand angle Q dynamique, grosse adduction de hanche lors de la course à pied, patella alta, récurvatum de genou, dysplasie,…)

🔧 Les exercices sont alors dirigés dans le sens de corriger cette poussée latérale : exercices de contrôle du mouvement du genou, correction de la cinétique de course, renforcement du vaste interne, renforcement des abducteurs de hanche pour changer l’angle Q dynamique et la cinétique de course,…

🔎 Cela peut se comprendre car, un certains nombre d’études, même si leurs résultats sont inconstants, semblent indiquer que ces facteurs sont prédictifs du risque de douleur fémoro-patellaire. Cela a été identifié par Ceyssens 20193)Ceyssens, L., Vanelderen, R., Barton, C., Malliaras, P., & Dingenen, B. (2019). Biomechanical Risk Factors Associated with Running-Related Injuries: A Systematic Review. Sports Medicine. chez les coureurs. Dans Mirzaie 20164)Mirzaie, G., Kajbafvala, M., Rahimi, A., Manshadi, F. D., & Kalantari, K. K. (2016). Altered Hip Mechanics and Patellofemoral Pain. A Review of Literature. Ortopedia, traumatologia, rehabilitacja, 18(3), 215–221., une revue de littérature pas super car ne présentait pas ses stratégies d’inclusion et d’exclusion d’articles et avait limité les recherches à seulement pubmed, on trouvait des facteurs mécaniques différents chez les personnes atteintes d’un syndrome fémoro-patellaire par rapport à une population saine.

🗜️ On observait par exemple plus de rotation interne de hanche, plus d’adduction de celle-ci et moins d’adduction du genou ce qui pourrait contribuer à plus de contraintes sur le compartiment médial. Toutefois, les choses ne sont pas encore gravées dans le marbre une revue de bien meilleure qualité réalisée par Warner et ses collaborateurs5)Warner, M. B., Wilson, D. A., Herrington, L., Dixon, S., Power, C., Jones, R., Heller, M. O., Carden, P., & Lewis, C. L. (2019). A systematic review of the discriminating biomechanical parameters during the single leg squat. Physical therapy in sport : official journal of the Association of Chartered Physiotherapists in Sports Medicine, 36, 78–91, bien que trouvant des résultats similaires, pointait bien du doigt les limites des études incluses notamment dans leur protocole biomécanique.

💪 On trouvait également des faiblesses musculaires dans ces 3 revues, notamment des muscles de hanches. Et on pourrait se dire, bingo, on tient notre problème. Les muscles sont trop faibles, ça génère plus de valgus dynamique de genou, donc plus de contraintes, donc il n’y a plus qu’à renforcer ! Malheureusement, il existe une règle pour le corps humain, bon j’avoue, c’est juste une phrase que j’ai dite une fois en me pensant sage. En tout cas, pour l’instant elle n’a jamais failli dans mon expérience. Je vous la donne, utilisez-la sans modération :

C’est logique, donc c’est faux.

La confusion entre corrélation et causalité, une difficulté

↩️ En réalité, les faiblesses musculaires ne semblent pas précéder le SFP, mais le succéder6)Rabelo, N. D. dos A., & Lucareli, P. R. G. (2018). Do hip muscle weakness and dynamic knee valgus matter for the clinical evaluation and decision-making process in patients with patellofemoral pain? Brazilian Journal of Physical Therapy, 22(2), 105–109.

Les exercices ciblant ces paramètres améliorent modérément les patients (environ 3,9 points sur 10 [0,4-7,1] par rapport à ne rien faire), mais apparemment, sans rapport avec le changement de cinématique7)Rabelo, N. D. D. A., Costa, L. O. P., Lima, B. M. de, Dos Reis, A. C., Bley, A. S., Fukuda, T. Y., & Lucareli, P. R. G. (2017). Adding motor control training to muscle strengthening did not substantially improve the effects on clinical or kinematic outcomes in women with patellofemoral pain: A randomised controlled trial. Gait & Posture, 58, 280–286.8)Ferber, R., Kendall, K. D., & Farr, L. (2011). Changes in knee biomechanics after a hip-abductor strengthening protocol for runners with patellofemoral pain syndrome. Journal of Athletic Training, 46(2), 142–149.9)Esculier, J.-F., Bouyer, L. J., Dubois, B., Fremont, P., Moore, L., McFadyen, B., & Roy, J.-S. (2017). Is combining gait retraining or an exercise programme with education better than education alone in treating runners with patellofemoral pain?A randomised clinical trial. British Journal of Sports Medicine, bjsports-2016-096988.. Même dans cette étude10)Nascimento, L. R., Teixeira-Salmela, L. F., Souza, R. B., & Resende, R. A. (2017). Hip and Knee Strengthening is More Effective Than Knee Strengthening Alone for Reducing Pain and Improving Activity in Individuals With Patellofemoral Pain: A Systematic Review With Meta-Analysis. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 1–35. on n’observait même pas de changement de force malgré des changements dans la douleur similaires avec les autres études.

Hypothèses alternatives

J’avais exposé un modèle conceptuel plus large il y a fort longtemps ici-même. Je l’ai depuis, un peu mis de côté car ne correspondant pas pleinement à la réalité clinique (tentez d’expliquer les douleurs des membres fantômes avec). Toutefois, dans ce genre de cas il s’appliquerait plutôt bien.

🔬 Même s’il y a beaucoup de facteurs qui entrent dans le raisonnement clinique, on voit que beaucoup sont focalisés sur l’augmentation de la contrainte patellaire par rapport à un sujet « idéal », mais qu’est-ce que la norme quand on voit que l’alignement de la patella est si variable chez les sujets sains11)Hochreiter, B., Hess, S., Moser, L., Hirschmann, M. T., Amsler, F., & Behrend, H. (2019). Healthy knees have a highly variable patellofemoral alignment: a systematic review. Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, 1–9. ? Si un alignement différent génère des contraintes différentes, pourquoi les personnes ayant un alignement plus générateur de contraintes sur une portion n’expérimentent pas systématiquement des douleurs ?

💦 Sûrement que la grande irrégularité de ces facteurs dans les études vient du fait que d’autres médiateurs existent et viennent moduler les effets de cette augmentation de contraintes.

Les médiateurs sont des facteurs qui sont nécessaires à ce qu’une exposition, ici ça pourrait être la course à pied par exemple, déclenche un résultat, ici la douleur antérieure du genou. On a aussi les médiateurs pour les traitements, par exemple, quel médiateur vient faire que l’exercice thérapeutique réduise la douleur antérieure du genou ?

🔥 De ma manière de voir les choses, ces facteurs d’augmentation des contraintes (valgus dynamique et autres) influencent le risque de déclencher le syndrome tout comme une mauvaise quantification c’est à dire, faire trop, trop tôt ou autant mais dans une période de vulnérabilité (manque de sommeil, stress intense, charge métabolique importante,…).

🔌 D’autres facteurs viennent maintenir l’état où tout fait mal. Souvent, les personnes ont leur patella alta, leur valgus, leur foulée, depuis des années, mais expérimentent des symptômes à partir d’un moment précis. On voit par exemple de manière assez répétée dans la littérature, une augmentation de la sensibilité nociceptive12)Maclachlan, L. R., Collins, N. J., Hodges, P. W., & Vicenzino, B. (2020). Psychological and pain profiles in persons with patellofemoral pain as the primary symptom. European Journal of Pain.13)De Oliveira Silva, D., Rathleff, M. S., Petersen, K., Azevedo, F. M. de, & Barton, C. J. (2019). Manifestations of Pain Sensitization Across Different Painful Knee Disorders: A Systematic Review Including Meta-analysis and Metaregression. Pain Medicine, 20(2), 335–358.

👨🏻 Les facteurs psychologiques semblent impliqués dans l’intensité des symptômes selon la revue de Machlachlan et coll de 201914)Maclachlan, L. R., Collins, N. J., Matthews, M. L. G., Hodges, P. W., & Vicenzino, B. (2017, May 1). The psychological features of patellofemoral pain: A systematic review. British Journal of Sports Medicine. BMJ Publishing Group.. NB : Même si l’équation de recherche inclut la chondromalacie, qui normalement est une pathologie à part, je n’en ai pas vu dans les résultats de la RS.

 

En pratique, qu’est-ce que cela donne ?

🃏Je vous donne ma manière d’assembler les pièces du puzzle dont on a parlé. C’est une manière parmi d’autres, je n’ai pas souvenir d’avoir été en échec avec celle-ci mais je suis surement victime d’un biais du survivant. Avec cette manière de faire, le nombre de séances oscille entre 2 et 9 avec une moyenne à 5 séances pour le traitement. J’ai séparé dans ma tête le traitement en 3 domaines qui ont des objectifs et médiateurs différents.

Si les deux premiers sont pour moi indispensables, je m’engage rarement dans le dernier domaine.

Donner un nouveau cadre théorique

🔝 En ayant intégré le traitement dans un raisonnement clinique, après avoir écarté les RED FLAGS et les autres entités nosologiques possibles comme les neuropathies, la première étape du traitement passe par ce que l’on dit. Le patient aura, dans la plupart des cas, entendu que son problème vient de la rotule qui n’est pas alignée (en tout cas dans mon expérience, peut-être qu’elle n’est pas similaire pour vous) 👉🏼 Il est donc intéressant de donner un nouveau cadre de raisonnement au patient pour qu’il puisse se sentir moins en danger et comprendre ce qu’il lui arrive. C’est l’occasion aussi de créer des facteurs psychologiques positifs comme des attentes positives sur le traitement, de l’auto-efficacité à la douleur (se sentir capable de se prendre en charge, ce qui se traduit par le sentiment de pouvoir faire des choses malgré la douleur).

🗣️ Expliquer qu’il y a une discordance entre ce qu’ils demandent à leur genou et ce qu’ils sont capables de faire est le meilleur moyen de recadrer que j’ai trouvé. De cette manière je leur explique qu’il y a deux possibilités : soit on diminue ce qu’ils demandent, soit on augmente ce dont ils sont capables. C’est une question de sensibilité à régler. 😊

Cela permet d’introduire plus tard, la possibilité que les capacités du genou soient diminués à cause d’autres facteurs, comme le manque de sommeil, la peur, l’hypervigilance,…

🧨 L’idée est de ne pas contredire si cela n’est pas nécessaire. Si le patient s’accroche à la pensée limitante que son problème vient de sa rotule qui n’est pas axée, alors cela pourrait créer des attentes négatives de la rééducation, comme on l’aurait vu pour le « conflit » sous-acromial15)Cuff, A., & Littlewood, C. (2018). Subacromial impingement syndrome – What does this mean to and for the patient? A qualitative study. Musculoskeletal Science and Practice, 33, 24–28.. C’est important puisque dans les douleurs d’épaules de « conflit », les attentes négatives semblaient être le plus fort prédicteur d’échec de la rééducation16)Dunn, W. R., Kuhn, J. E., Sanders, R., An, Q., Baumgarten, K. M., Bishop, J. Y., … Wright, R. W. (2016). 2013 Neer Award: predictors of failure of nonoperative treatment of chronic, symptomatic, full-thickness rotator cuff tears. Journal of Shoulder and Elbow Surgery, 25(8), 1303–1311.. Cela semblait être le cas encore pour d’autres pathologies17)Palmlöf, L., Holm, L. W., Alfredsson, L., & Skillgate, E. (2016). Expectations of recovery: A prognostic factor in patients with neck pain undergoing manual therapy treatment. European Journal of Pain, 20(9), 1384–1391.18)Hayden, J. A., Wilson, M. N., Riley, R. D., Iles, R., Pincus, T., & Ogilvie, R. (2019). Individual recovery expectations and prognosis of outcomes in non-specific low back pain: prognostic factor review. The Cochrane database of systematic reviews, 2019(11), CD011284., même le rémifentanyl, un traitement beaucoup plus puissant que la morphine perdait toute efficacité en cas d’attentes négatives19)Bingel, U., Wanigasekera, V., Wiech, K., Ni Mhuircheartaigh, R., Lee, M. C., Ploner, M., & Tracey, I. (2011). The Effect of Treatment Expectation on Drug Efficacy: Imaging the Analgesic Benefit of the Opioid Remifentanil. Science Translational Medicine, 3(70), 70ra14-70ra14..

Le questionnement socratique

❓❔ Le questionnement socratique20)Kost, A., & Chen, F. M. (2015). Socrates was not a pimp: changing the paradigm of questioning in medical education. Academic medicine : journal of the Association of American Medical Colleges, 90(1), 20–24. est une méthode d’entretien utilisée en Thérapies Cognitives et Comportementales. Elle est utilisée dans ce qui est appelé la restructuration cognitive, c’est un traitement qui aide à prendre conscience de ses pensées. Le questionnement socratique peut aussi être utilisé comme méthode d’apprentissage.

Quelques idées de questions à poser pour aider le patient à reconceptualiser sa douleur :
– Pensez-vous que votre rotule est comme cela depuis votre naissance ? Comment expliquez vous que vous ayez mal seulement maintenant ?
– Pensez-vous que l’alignement de la rotule joue dans vos douleurs ? Cela jouerait à combien de pourcents ? Quels autres facteurs pourraient être impliqués ?
– Comment pensez-vous que le traitement de kinésithérapie parvient à diminuer les douleurs ? Pensez-vous qu’il existe d’autres explications possibles ?
– Pourquoi pensez-vous que je pose ces questions ?

L’entretien épistémique, une arme de choix

L’entretien épistémique est dérivé du questionnement socratique. L’idée est de comprendre les fondations qui ont menées à la construction des croyances du patient grâce à des questions. Vous trouverez une vidéo du concept de la construction des croyances et 3 tutoriels avec des sous-titres en français dans cette playlist :

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De belles métaphores

Souvent, un cadre théorique est bien illustré par un modèle métaphorique. Nick Hannah en a compilé quelques-un ici :

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[PAIN IS MULTIFACTORIAL] . . . Let’s be clear from the get go here: I don’t really ‘Pain Science’ people. You know, the whole idea that I sit a client down in clinic and talk about pain. But conversations most definitely do occur with clients about pain. People learn and conceptualize things in many different ways, and as such we should be able to explain how pain could manifest in their lives in many different ways. . Above I have compiled a few of the brilliant conceptualizations I’ve learned over the years (from the likes of Greg Lehman @greglehman Matthew Low @mattlow78 Adam Meakins @adammeakins) as well as others I’ve used personally to help get the message across that pain is complex and multifactorial. . Some might resonate. Some might not. But maybe you could use them as little drawings and send your clients home to think and reflect on them. . Hope this is helpful! . Make moves anyways though! . Nick Hannah, PT Registered Physiotherapist #hannahmoves #hmpaincaremoves #hmrehabmoves

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J’aime beaucoup celui de la coupe de Lehman qui permet d’expliquer que la rotule non axée est un facteur, mais pour que l’eau déborde et fasse des douleurs il en faut bien d’autres. Vous pouvez trouver des illustrations dans son livret page 31 et 48.

Si vous êtes plus à l’aise vous pouvez utiliser le modèle des balances :


Celui-ci a l’avantage d’inclure le modèle de salutogénèse21)Mittelmark, M. B., & Bull, T. (2013). The salutogenic model of health in health promotion research. Global Health Promotion, 20(2), 30–38..

Exercice graduel ou activité graduelle

Rappel rapide :
🏹 Les exercices c’est bien, ça ne semble pas marcher par le changement de la force du quadri (Ou même du vaste médial ?), la force des abducteurs de hanche, le contrôle du mouvement du genou, la cinématique de la course à pied… Bref on ne sait pas exactement comment mais ça marche.

Comment faire alors ? Moi je reste avec l’acronyme KISS (Garder Ça Simple et Stupide).

➡️ Le but va être de faire une rééducation la moins contraignante possible pour faciliter l’adhésion et d’augmenter l’implication du patient en cas d’échec (d’où le fait que je ne tente pas de changer ses facteurs biomécaniques de suite et que je le fais en dernier recours).

🥇Si le patient a mal seulement lors d’une activité particulière et qu’elle est facile à doser, comme la course à pied, alors, lui faire reprendre cette activité en dosant. On établit un programme avec les conseils de l’étude de JF Esculier pour la course à pied :


Ou bien je lui donne comme conseils d’utiliser ses sensations :

Stimuler sans irriter

L’idée d’utiliser l’activité directement est pour lui permettre de plus facilement transférer la séance dans sa vie quotidienne et qu’il apprenne directement à doser ses activités.

💪🏼 Si l’activité est difficile à doser, ou qu’on n’en trouve pas particulièrement, on cherche un mouvement déclencheur. Habituellement le squat est pratique pour ça 😊
C’est une des rares fois où je corrige le mouvement, d’expérience, les personnes réalisant le squat en avançant les genoux génèrent souvent des contraintes rendant difficile l’adaptation dans un premier temps et n’a pas les mêmes bénéfices :

📈 Ensuite selon les réponses au squat je m’adapte.

▶️ Soit je leur fais utiliser moins d’amplitude (ou charge) pour qu’ils réalisent un mouvement sans douleur (correction du conditionnement) et leur demande d’augmenter l’amplitude (ou charge) au fur et à mesure toujours à vitesse lente.

▶️ Soit je leur demande au contraire de faire les mouvements pour que la douleur les stimule (correction de la menace perçue). je veux que les personnes soient capables de faire plus de 12 répétitions mais pas trop non plus avant l’irritation (entre 12 et 25 empiriquement) toujours selon cette infographie :
Dans les études sur le HSR c’est souvent entre 8 et 12 répétitions qui sont demandées pour les tendons, et les résultats sont variables. Donc ça peut être une bonne idée de commencer avec moins lourd, plus de répétitions 😊

🔲 Si la personne peut en faire trop, on augmente la charge, par exemple, en faisant le squat avec le côté sain surélevé (je lui demande de mettre le pied sur une planche de step au cabinet), en faisant le squat avec les genoux en avant, en faisant un step-up sur un marche-pied, un sissy squat,… Tout ce qu’on peut, tant que c’est reproductible à la maison.

L’inverse si trop peu de mouvement sont possibles.

💼 On reprend ensuite rendez-vous une semaine ou deux après avec pour consigne de refaire le mouvement 4 fois jusqu’à stimulation chaque jour 😊 Bien sûr c’est très simple en terme de réflexion, par contre, amener le patient à le faire, amener à le faire adhérer au traitement et à ce qu’il ait bien compris, c’est là que réside la technicité.

Les facteurs utiles à cibler

Dans nos rééducations, on peut donc s’intéresser à ces facteurs qui pourraient être médiateurs :

1. La balance des cytokines

Dans les douleurs liées aux tendons, il est parfois postulé que le problème vient d’une rupture de la balance entre les cytokines anti-inflammatoires générées par les contraintes et les cytokines pro-inflammatoires générées par un excès de contraintes menant à une grosse activité de métalloprotéases22)Huegel, J., Williams, A. A., & Soslowsky, L. J. (2015). Rotator cuff biology and biomechanics: a review of normal and pathological conditions. Current Rheumatology Reports, 17(1), 476..

🔥 Les chondrocytes ayant des mécanismes de mécano-transduction similaires aux ténocytes on pourrait envisager que ce soit le cas également. Dans ce cas, la charge, montrée en laboratoire comme ayant un effet anti-inflammatoire sur le cartilage, pourrait être la solution si bien dosée23)Jeon, J. E., Schrobback, K., Meinert, C., Sramek, V., Hutmacher, D. W., & Klein, T. J. (2013). Effect of preculture and loading on expression of matrix molecules, matrix metalloproteinases, and cytokines by expanded osteoarthritic chondrocytes. Arthritis and Rheumatism, 65(9), 2356–2367.24)Fu, S., Thompson, C. L., Ali, A., Wang, W., Chapple, J. P., Mitchison, H. M., … Knight, M. M. (2019). Mechanical loading inhibits cartilage inflammatory signalling via an HDAC6 and IFT-dependent mechanism regulating primary cilia elongation. Osteoarthritis and Cartilage, 27(7), 1064–1074..

👉 Charger le genou, à la bonne dose, de manière similaire à ce qui redéclenche les symptômes pour changer cette balance de cytokines. Il semblerait donc utile de charger les tissus dans la bonne zone 🎯 et avec le bon type de contraintes (cisaillement, tension ou compression) donc avec le même type de mouvements que ce qui reproduit les douleurs.

2️. Diminuer la sensibilisation nociceptive (le fait que la nociception soit multipliée).

💊 Si le patient présente une hyperalgésie étendue (qu’on peut peut-être parfois attribuer à un dysfonctionnement des voies antinociceptives descendantes), c’est à dire qu’il a mal un peu partout de temps à autres, hanche, épaule, dos,… alors, il peut bénéficier d’exercices aérobiques, si possible non douloureux, même des membres supérieurs25)Lannersten, L., & Kosek, E. (2010). Dysfunction of endogenous pain inhibition during exercise with painful muscles in patients with shoulder myalgia and fibromyalgia. Pain, 151(1), 77–86..

C’est là que les exercices de hanche sont les plus pertinents.

3. Diminuer la perception de menace.

Certaines théories supposent que la douleur est liée à la perception de menace pour notre intégrité physique. Plus on se sentira en danger face à certaines actions ou d’autres choses, plus on sera à risque d’expérimenter de la douleur, et plus celle-ci sera forte selon ces théories. Si, par un certain nombre d’informations, tendre le genou est perçu comme menaçant, alors on va prédire un danger à cette action et donc produire de la douleur pour s’en protéger (mouvement plus lents et moins fréquents).
C’est une théorie débattue26)Colombo, M., Elkin, L., & Hartmann, S. (2018). Being Realist about Bayes, and the Predictive Processing Theory of Mind. mais qui semble permettre de prédire des résultats dans la recherche27)Tabor, A., Thacker, M. A., Moseley, G. L., & Körding, K. P. (2017). Pain: A Statistical Account. PLOS Computational Biology, 13(1), e1005142.

Quoi de mieux que d’expliquer aux personnes que la douleur qu’elles éprouvent lors du mouvement est en fait le signe de la stimulation des tissus et que le mouvement déclenchant est le bon traitement pour leur problème (pas n’importe comment évidemment) ?

Parfois, il y aura même du fait de l’association répétée entre le mouvement et ce qui mène à la création de douleur, un conditionnement qui se fait, c’est à dire que le mouvement lui-même devient suffisamment menaçant pour déclencher la douleur. Une bonne opportunité pour lever le conditionnement du mouvement et de la douleur peut-être comme dans des conditions expérimentales28)Anchisi, D., & Zanon, M. (2015). A Bayesian Perspective on Sensory and Cognitive Integration in Pain Perception and Placebo Analgesia. PLOS ONE, 10(2), e0117270. d’ajouter des informations de sécurité comme par exemple rassurer sur le mouvement, dire que c’est bien pendant que le patient fait. Peut-être même ajouter un tape ou du TENS (attention au risque d’évitement du mouvement sans ces aides).

4. Donner des facteurs psychologiques positifs.

Passer plus de temps dessus nécessiterait un billet de blog complet. Heureusement, la résilience, la kinésiophobie et le catastrophisme se recoupent avec le 3️ème facteur (perception de menace) et nous avons déjà parlé un peu d’auto-efficacité et des attentes dans la partie 1.

Changer des facteurs biomécaniques

Comme je l’ai dit, je le fais peu, donc vous obtiendrez certainement de meilleures infos sur le site de la clinique du coureur qu’ici.

Il y aurait encore tellement à ajouter, tellement à préciser, mais si vous êtes arrivé jusque là, vous avez déjà du vous rendre compte que la lecture est suffisamment conséquente pour qu’on puisse s’arrêter ici. Merci beaucoup de m’avoir lu, j’espère que cela vous aidera.

References   [ + ]

1. Crossley, K. M., Middelkoop, M. van, Callaghan, M. J., Collins, N. J., Rathleff, M. S., & Barton, C. J. (2016). 2016 Patellofemoral pain consensus statement from the 4th International Patellofemoral Pain Research Retreat, Manchester. Part 2: recommended physical interventions (exercise, taping, bracing, foot orthoses and combined interventions). British Journal of Sports Medicine, 50(14), 844–852. https://doi.org/10.1136/bjsports-2016-096268
2. Winters, M., Holden, S., Vicenzino, B., Welton, N. J., Caldwell, D. M., Lura, C. B., Weir, A., & Rathleff, M. S. (2018). Which treatment is most effective for patients with patellofemoral pain? A protocol for a living systematic review including network meta-analysis. BMJ open, 8(11), e022920.
3. Ceyssens, L., Vanelderen, R., Barton, C., Malliaras, P., & Dingenen, B. (2019). Biomechanical Risk Factors Associated with Running-Related Injuries: A Systematic Review. Sports Medicine.
4. Mirzaie, G., Kajbafvala, M., Rahimi, A., Manshadi, F. D., & Kalantari, K. K. (2016). Altered Hip Mechanics and Patellofemoral Pain. A Review of Literature. Ortopedia, traumatologia, rehabilitacja, 18(3), 215–221.
5. Warner, M. B., Wilson, D. A., Herrington, L., Dixon, S., Power, C., Jones, R., Heller, M. O., Carden, P., & Lewis, C. L. (2019). A systematic review of the discriminating biomechanical parameters during the single leg squat. Physical therapy in sport : official journal of the Association of Chartered Physiotherapists in Sports Medicine, 36, 78–91
6. Rabelo, N. D. dos A., & Lucareli, P. R. G. (2018). Do hip muscle weakness and dynamic knee valgus matter for the clinical evaluation and decision-making process in patients with patellofemoral pain? Brazilian Journal of Physical Therapy, 22(2), 105–109.
7. Rabelo, N. D. D. A., Costa, L. O. P., Lima, B. M. de, Dos Reis, A. C., Bley, A. S., Fukuda, T. Y., & Lucareli, P. R. G. (2017). Adding motor control training to muscle strengthening did not substantially improve the effects on clinical or kinematic outcomes in women with patellofemoral pain: A randomised controlled trial. Gait & Posture, 58, 280–286.
8. Ferber, R., Kendall, K. D., & Farr, L. (2011). Changes in knee biomechanics after a hip-abductor strengthening protocol for runners with patellofemoral pain syndrome. Journal of Athletic Training, 46(2), 142–149.
9. Esculier, J.-F., Bouyer, L. J., Dubois, B., Fremont, P., Moore, L., McFadyen, B., & Roy, J.-S. (2017). Is combining gait retraining or an exercise programme with education better than education alone in treating runners with patellofemoral pain?A randomised clinical trial. British Journal of Sports Medicine, bjsports-2016-096988.
10. Nascimento, L. R., Teixeira-Salmela, L. F., Souza, R. B., & Resende, R. A. (2017). Hip and Knee Strengthening is More Effective Than Knee Strengthening Alone for Reducing Pain and Improving Activity in Individuals With Patellofemoral Pain: A Systematic Review With Meta-Analysis. Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, 1–35.
11. Hochreiter, B., Hess, S., Moser, L., Hirschmann, M. T., Amsler, F., & Behrend, H. (2019). Healthy knees have a highly variable patellofemoral alignment: a systematic review. Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy, 1–9.
12. Maclachlan, L. R., Collins, N. J., Hodges, P. W., & Vicenzino, B. (2020). Psychological and pain profiles in persons with patellofemoral pain as the primary symptom. European Journal of Pain.
13. De Oliveira Silva, D., Rathleff, M. S., Petersen, K., Azevedo, F. M. de, & Barton, C. J. (2019). Manifestations of Pain Sensitization Across Different Painful Knee Disorders: A Systematic Review Including Meta-analysis and Metaregression. Pain Medicine, 20(2), 335–358.
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7 réflexions au sujet de « Gérer le syndrome fémoro-patellaire »

  1. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire vous viennent aisément. » Nicolas Boileau
    Visiblement pour vous les mots viennent nombreux mais vides de sens. Votre article ressemble à un premier jet pour lequel on jette tout sur la feuille. Il est temps de commencer le travail de rédaction et d’organiser votre propos pour que le lecteur puisse vous suivre. A la lecture de votre article, je ne retiens qu’une chose, c’est confus et mélange un grand nombre de notions différentes.

    1. Merci pour les encouragements…

      Plus sérieusement, je suis désolé si vous n’avez pas compris grand chose. J’espère que ce n’est pas une chose commune parmi mes lecteur.ice.s.

      Les autres retours que j’ai reçu étant pour l’instant positifs, je vais vous attribuer la responsabilité de cette difficulté à comprendre en ayant bien conscience d’un biais de sélection dans ceux qui m’écrivent.

      Je me pencherais sur la question de refaire plusieurs heures/jours de travail de rédaction bénévole si jamais je reçois de multiples retours comme le vôtre, en espérant toutefois que ceux-ci seront amenés avec une communication plus agréable.

  2. Bonjour,
    Merci pour ton post, il me fait me poser quelques questions:

    -Sur quoi te bases tu lorsque tu dis à ton patient de se référer à ses sensations? « Trop peu, stimulation, irritation » et sur « la douleur <2/10" ou "celle du matin"? Le seuil de 2/10 est il fiable, reproductible?
    -As tu des données que procéder de la sorte améliore la probabilité / quantité de progrès par rapport à faire les exercices avec une douleur plus importante? Si oui peux tu citer les études et le niveau de preuve de ce que tu donnes comme indication à tes patients?
    – Comment justifies tu ces conseils?

    Je suis très curieux de ta réponse car je me pose aussi ces questions.

    1. Hello, cool j’adore les questions.

      1- Le seuil de 2/10, vient de l’étude d’Esculier qui est mise en référence dans l’infographie. Personnellement ce n’est pas ce que j’utilise, mais je ne me voyais pas altérer sa méthodologie dans l’infographie. On a des données de Smith et al qui indiquent qu’on peut aller jusqu’à 5/10 sans trop de problème pour les troubles musculo-squelettiques -> Smith, B. E., Hendrick, P., Smith, T. O., Bateman, M., Moffatt, F., Rathleff, M. S., … Logan, P. (2017). Should exercises be painful in the management of chronic musculoskeletal pain? A systematic review and meta-analysis. British Journal of Sports Medicine, 51(23), 1679–1687. https://doi.org/10.1136/bjsports-2016-097383
      Sur quoi je me base au cabinet ou dans la littérature ? Pour ce qui est de la littérature sur comment doser, on a très peu de données, je me base uniquement sur le fait que dans Esculier 2017 il était conseillé que la douleur le lendemain matin revienne à son niveau initial. L’irritation c’est de l’empirisme pur et simple qu’on peut retrouver dans le SIN de Maitland par exemple (une manière utilisée pour catégoriser les patients dans la méthode Maitland), je ne crois pas qu’il existe de données là-dessus.

      2 Non globalement, on a très très peu de données sur le dosage des exercices donc moi personnellement je n’ai pas de donnée sur le fait que ça aide à améliorer les progrès. Je crois que ce n’est pas bien exprimé clairement, je ne cherche pas à rester dans une douleur faible, ça peut être 2/10 comme 7/10 ce qui m’intéresse c’est que ça revienne rapidement au niveau initial et que le lendemain matin ce soit bien.

      On a Hickey qui a utilisé une méthodologie similaire pour les blessures musculaires (douleur autorisée jusqu’à 4/10) :
      Hickey, J. T., Timmins, R. G., Maniar, N., Rio, E., Hickey, P. F., Pitcher, C. A., … Opar, D. A. (2020). Pain-Free Versus Pain-Threshold Rehabilitation Following Acute Hamstring Strain Injury: A Randomized Controlled Trial. https://Doi.Org/10.2519/Jospt.2020.8895, 50(2), 91–103. https://doi.org/10.2519/jospt.2020.8895

      Et ce qui m’a inspiré cette façon de faire c’était l’étude de Littlewood sur les tendinopathies de la coiffe (dont je te trouverais la référence plus tard).

      3- Comment je justifie ces conseils aux patients ? Ca va dépendre de l’anamnèse, si je ne trouve rien pour me raccrocher, je leur parle du fait qu’il y a des cellules dans les tendons ou cartilages qui sécrètent des bonnes hormones quand elles sont chargées. j’utilise parfois la métaphore de la plante qu’on arrose, pas trop mais il faut quand même l’arroser sinon elle fait la tronche.

  3. Très instructif cet article, beaucoup d’informations. J’en connaissais pas mal mais là tu relie tout les points pour moi et cest top. Cest agréable aussi que tu expliques comment tu l’appliques au lieu de juste donner des infos ou des préceptes comme on peut trouver sur d’autres blog.
    Sinon perso j’ai trouvé ça très lisible et compréhensible, mais cest sûrement parceque je suis surdouée ascendant mentalist 🤣🤣
    Merci de partager tes connaissances et bonne continuation.
    Marina.

  4. Très bon, merci. Et merci pour la découverte de la chaine street epistemology.
    Utilises tu un style de symptom modification procedure pour les jambes? Genre rajouter un bandeau entre les genoux pendant le squat (avec les explications a la Jo Gibson qui vont avec) pour augmenter les effets de la rupture des attentes negatives par ex?

    1. Salut Sylvain. Et bien non je me dis que plus c’est simple et reproductible, mieux c’est.

      Les patients ont parfois peur de mal faire quand on complexifie 😊

      Mais si je devais parier, je dirais qu’il n’y aurait pas de différence entre les deux approches.

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